...deviendront grands, c'est comme qui dirait l'éveil du printemps (ouf).
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...deviendront grands, c'est comme qui dirait l'éveil du printemps (ouf).
Il suffit d'un peu d'entraînement et de s'imaginer que quelqu'un vous écoute.
(Alain a écrit cette piécette — molto rubato sempre, sans lenteur — en 1930, il avait dix-neuf ans ; dix ans plus tard il mourait pour la France. Le poème est de lui et suit la partition.)
François Couperin, Les Fauvètes plaintives. Très tendrement.
Pour Maryse P., qui vient de nous quitter.
Marin Marais, La Rêveuse
arrangement : Pierre
Gouin
Que sont toutes les mélodies auprès de celle qu'étouffe en nous la double impossibilité de vivre et de mourir !
*
Né avec une âme habituelle, j'en ai demandé une autre à la musique : ce fut le début de malheurs inespérés...
(Emil Cioran)
La paix ne peut être qu'éternelle. Sinon elle n'est pas la paix, mais une illusion sans lendemain, un couvre-feu. Le répit n'est jamais qu'un instant de la trépidation.
Éric Chevillard, Commentaire autorisé sur l'état de squelette (2007)
Balancements, retards, abandons et sursauts, élans aussitôt réprimés, que j’aime tout ce qui fait cette étrange pièce, d’une passion si sage et d’une sagesse si passionnée ! Son titre peut effrayer les âmes gaies, elles auraient tort. C’est de la lumière que j’y puise, et de la joie, de la tendresse, même, tant qu'on y est. La jouer est une façon comme une autre de méditer ; dans la seconde elle fait le vide, quand cent yogis épuiseraient leur patience à me convaincre de me mettre à genoux.
À la clinique de Flechsig, je n’avais joué qu’une seule fois, sur les instances pressantes de ma femme, une partition
qui se trouvait là tout à fait par hasard, une aria de Haendel : Je sais que mon sauveur est vivant. J’étais alors dans un état tel que je jouais dans le sentiment précis que mes doigts
touchaient là un clavier pour la dernière fois. Du moment où, à l’asile, je les repris, les échecs et le piano constituèrent l’essentiel de mes distractions pendant les cinq années qui se sont
écoulées depuis. Le piano a été pour moi d’un prix infini, et c’est toujours le cas aujourd’hui ; je dois dire qu’il m’est difficile d’imaginer comment j’aurais pu supporter, pendant ces cinq
années, le jeu forcé de la pensée, avec tout son cortège de phénomènes, si j’avais été dans l’impossibilité de jouer. Pendant que je joue du piano, le dégoisage insane des voix qui me parlent est
couvert : c’est ― avec l’exercice physique ― l’une des formes les plus adéquates de la fameuse “pensée qui ne pense à rien”...
Daniel Paul Schreber, Mémoires d’un névropathe (1900).