(Documents exhumés à la faveur d'un déménagement, bis)
Il y a quinze ans (j’avais vingt-trois ans), à la mi-avril 97 pour être précis, j’ai joué les fameuses Vexations de Satie, qui sont comme on sait trois lignes de musique à répéter 840 fois. Ce fut ma plus proche expérience de la transe et le paroxysme de ma passion, née dans l’adolescence, pour l’auteur des Gymnopédies.
Cela avait duré vingt-quatre heures en tout, à raison de trois fois huit heures, pendant trois jours consécutifs. Je jouais de midi à vingt heures, sous une arcade de ce qui était alors une Salle des Ventes, dite aussi des Répétitions (!), rue d’Aubagne. Qui voulait était libre d’entrer et de sortir. Pendant la dernière heure, une douzaine d’acteurs donnait un spectacle avare de paroles. C’était son metteur en scène qui m’avait poussé à me lancer dans cette exécution, quand il avait su que j’en rêvais, et l’occasion de ce spectacle avait fait le larron.
Durant l’automne qui suivit, j’ai relaté cette expérience dans un bref texte un peu trop lyrique. Ah ! jeunesse ! De la pochette qui depuis le préserve de la poussière, j’extrais les deux dernières pages et deux photos (je ne sais plus qui a pris la seconde).