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Vendredi 30 mars 2012 5 30 /03 /Mars /2012 08:00

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Lire la correspondance d’un grand homme, c’est vivre sa vie en accéléré, c’est un train fou lancé dans la nuit et l’épais brouillard des ellipses — tant de lettres manquent.

Mais ses relations vivent et meurent encore plus vite, le temps d’une note en bas de page comme rejetées sur le bas-côté, simples mécanos du destin : elles n’ont pas commencé à vivre qu’elles sont déjà mortes, à jamais dans le clair-obscur de son coup de projecteur. Les plus à plaindre de ces sans-grades sont ceux qui n’ont reçu du grand homme qu’une lettre d’insulte, si elle a résisté au vent de l’histoire c’est qu’eux-mêmes et leurs descendants l’ont conservée pieusement comme un crachat dans un mouchoir, passant coûte que coûte à la postérité par le vide-ordure... 

 

(Bonus : The sweetest lad was Jamie, le tube du moment (je la passe en boucle) — c'est la cinquième des Chansons écossaises op. 108 de Ludwig van, ici par Sarah Walker, mezzo.)

 

 

 

Par Didier da - Publié dans : Autres choses
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