J'étais donc hier lundi de Pâques dans la calanque de Callelongue et une solitude absolue, appuyé contre un rocher blanc, avant et après une sieste moite en plein soleil qui m'a laissé brûlant et étourdi j'ai lu et achevé le beau recueil de nouvelles — liées entre elles, et c'est peut-être un genre de roman — que vient de faire paraître Emmanuelle Pagano, et qui s'appelle Un renard à mains nues. Dans l'une de ces nouvelles, Je ne connais même pas le nom des arbres, je lis ceci :
Personne et très peu de bruits, toujours très peu de couleurs sauf des nuances de gris à peine verdies par les arbres qui tressaillaient au bord de la route. Même le violet des bruyères en toutes petites fleurs me paraissait grisâtre [...] Le silence ce n'est jamais le silence, elle me disait souvent ça, le silence c'est plutôt un fond adouci de sons minimaux. Elle prenait cet arrière-plan des sons pour le bruit du temps. Elle prétendait entendre le temps passer.
Quant à moi, hier, je ne l'ai pas vu. (La musique est Un brin de bruyère, si l'on en croit György Kurtág.)
de Callelongue aux petites criques de la Côte Bleue
"effleurer le monde"
effleurer le monde
sa lecture quotidienne
et ses trivialités
aujourd’hui nous avons marché sur la plage déserte
comme une écharpe
flottaient les feuilles mortes
des posidonies
formant des banquettes
longeant la longue falaise de calcaire coquillier
mer bleue mer verte