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Mardi 22 mai 2012 2 22 /05 /Mai /2012 06:00

 

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Ni noire ni verte mais si verte et si noire, la plume centrale de cette pie blessée — posée sur l’herbe qu’elle plie à peine, au bord d’une allée d’herbes folles et d’arbustes, en banlieue — un portail rouillé est au bout et la mer de l’autre côté. Un chat l’avait laissée pour morte, privée du vol elle a déjà l’air empaillé et pourtant elle palpite encore sur ta main large et dépliée, tu t’es accroupi pour la ramasser délicatement évidemment et tu t’es mis à la caresser, avec deux doigts, ça suffisait : elle attend la mort sans un cri, il est quatre heures de l’après-midi. Tu as voulu la poser sur une branche, tu n’avais pas fini de te retourner qu’elle tombait dans un bruit d’un comique étranglé, un pof sourd amorti par l’herbe mais tout de même d’un certain poids.
—Merde.
Tu t’es penché, je ne la voyais pas, j’ai deviné que tu la remettais à l’endroit.  Un vent assez fort soufflait, au soir un orage éclatait, la pluie l’aura noyée.

 


 

 

 

Par Didier da - Publié dans : Grandeur et misère du quotidien
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