Dimanche 4 janvier 2009
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(...) Sam a des progrès à faire, il se trouvait encore tellement bruyant. Dans la pause
qu’il fit entre deux morceaux (l’Oriental de Granados et l’In a Landscape de John Cage) il repensa, pour peu qu’il y ait pensé sur le moment, aux
âneries qu’il avait débitées la veille (...) Surtout ne pas paraître bête, l’étant d’autant plus qu’il craignait de l’être, bavassant, persistant et singeant, filant des métaphores inanes par peur
du vide. On ne savonne plus les bouches lorsqu’elles ont dit de grosses bêtises, c’est dommage. Jouer de la musique était un genre d’équivalent.
Les mots fatiguent. Les mots pèsent. Il voudrait les choisir avec soin et il se rabat sur les premiers qui viennent, traînent à la surface, l’écume du grand bouillon commun. Il coud par paresse
entre elles des idées dont il sait qu’elles tiennent, ou qu’elles brillent, et il fourgue sans trop se poser de questions ce collier dans la main qu’on lui tend. On avait si peu l’occasion (en
société ou seul, du reste) de dire quelque chose qui n’ait pas été dit exactement dans les mêmes termes une bonne douzaine de billions de fois. La musique, elle, ne se répète pas. C’est
son privilège.
Par Didier da
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Publié dans : Rien à ajouter
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